Galerie Deza
CONTEMPORARY ART
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Galerie DEZA
  -  Art   -  INTERVIEW DE L’ARTISTE DEVOX

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir artiste ?

« C’est la vie, le destin, c’était ma route. Au début, c’était à peine un rêve, tant le monde artistique professionnel semblait être dans d’autres sphères. J’étais dans la pub qui ne m’intéressait plus beaucoup et je cherchais à réorienter ma vie vers des horizons plus enthousiasmants. L’art m’avait toujours attiré, l’humain m’avait toujours questionné. Je décidais ainsi, vers 40 ans d’aller à la Fac de médecine de Tours, pour préparer un diplôme universitaire d’art thérapie. Le dossier d’inscription exigeait des photos de nos productions artistiques ainsi que des coupures de presses de nos expositions. J’ai donc commencé à peindre des toiles, les toutes premières, dont j’envisageait l’idée depuis des années et me suis rapproché d’un collectif d’artistes pour débuter les expositions.

Le succès a été immédiat, mes tableaux partaient aussi vite que je pouvais les peindre et nombre de mes clients souhaitaient voir mon atelier, pensant que j’étais professionnel. J’ai poursuivi mes deux années d’études en vue du D.U et ai finis par me consacrer exclusivement à l’art. J’ai alors participé aux différents salons d’art historiques (Salon des Artistes Français, Salon National des Beaux-Arts, Salon d’Automne, Salon Violet, Salon de la Marine, etc.) Afin de jauger réellement mon niveau et mieux connaître ce milieu alors assez obscur et fermé. Les prix qui ont honoré mes tableaux m’ont confirmé dans mon nouveau choix de vie, et quelle vie ! La belle vie ! »

– Quels médiums utilisez-vous ?

« Les techniques picturales sont au service de la créativité, elles ne sont pas très importantes et servent juste à passer du monde des idées au monde tangible. Chaque œuvre est l’opportunité de découvrir, d’expérimenter, de s’émerveiller. J’utilise beaucoup l’acrylique, mais elle est toujours enrichie de moultes médiums. Ainsi chaque tableau monte en effets et en matière grâce à tout ce dont je dispose dans mon atelier : pastels secs et gras, cires, pigments en poudre, encres multiples, aquarelles, crayons de couleur, fusains, mines de graphiste, sanguines, pierres noires de pias, craies, stylos à billes, poscas, peintures en aérosols, bitume de judée mais aussi sables, cendres, paillettes, collages de toutes sortes, de papiers ou de petits objets. Entre chaque nouvelle couche j’utilise du caparol ou du binder et fixe le tout avec des vernis U.V afin de m’assurer de stabiliser mes réalisations dans le temps. J’alterne entre une écriture totalement spontanée et des graphismes très maitrisés. »

– Avez-vous tenté de pratiquer votre art sur d’autres supports ?
« Je suis bien tenté par le travail des volumes, ça germe lentement mais je n’ai pas le temps pour l’instant. »

– Comment définiriez-vous votre univers ?

« Je suis un confiseur de rêves aux multiples parfums. Je révèle aux sens des univers entre rêves coquecigrues où mascottes de pub, héros de jeux, personnages de BD et chimères diverses évoluent dans un joyeux tohu- bohu où le charivari est la « règle ». Je mélange l’archaïque et le sophistiqué. Mes tableaux sont des petites madeleines de Proust parfum carambar / Tex Avery, gin tonic / le zeppelin. »

– Avez-vous un lieu dédié à la création ?

« L’atelier est indispensable. Le mien est envahi de toutes sortes de collections et d’objets hétéroclites, il y en a du sol au plafond et il m’est parfois difficile d’y circuler. Aux jours courts s’ajoute tout un mur de plantes exotiques et du fait, avec mes lumières plein spectre qui reproduisent assez fidèlement le soleil, dans mon atelier c’est toujours l’été en milieu de journée. C’est un endroit chaleureux, qui sent bon les huiles essentielles et les encens. C’est, pour moi, un lieu propice à la créativité, au milieu de ce joyeux brouhaha visuel. Laisse de mer iodée, minéraux, précieux, billes chatoyantes, plantes séchées, du destrier été, avions en papier multicolores, et toutes ces couleurs en tubes, en crayons, en flacons et ces couteaux et pinceaux de toutes formes et millesautres choses encore font pétiller mon esprit toujours prêt à la dérobade et à l’envolée ! »

– Comment se déroule une journée de travail? Avez-vous des habitudes particulières ?

« Au plus tôt je commence vers 10-11h, jusqu’à 2-3 ou 4h, du matin. Le matin je suis un peu embrumé, l’après- midi ça file, mais c’est la nuit que je préfère produire, le temps s’écoule de façon invisible, nulle distraction ou dérangement jusqu’à ce que les paupières me pèsent. Se sont les heures où je suis le plus performant et le plus pétulant. »

– Comment naissent vos productions ? Quelles sont vos inspirations ?

« Les tableaux présentés sous Devox ne demandent que le vide mental, toute réflexion, pensée ou cogitation sur le sujet est une nuisance, une pollution, qu’entrave le bon déroulement de l’expression artistique. J’ai juste à faire et à découvrir ce qui se révèle. De temps en temps, je mets un pied dans le monde concret pour préciser

les détails, d’un personnage, mais dans l’ensemble, il n’y a ni volonté nu effort. J’ai juste à dérouler un narratif que je découvre progressivement. Sans en connaître la fin, mon sens de l’esthétique et mon enthousiasme sont mes seuls guides. Bien sûr, mes toiles ne naissent pas du néant. J’ai toute une bibliothèque de livres d’arts qui présentent des œuvres des temps les plus reculées, à nos jours et je parcours également le net, il y a tant d’artistes, de talents à découvrir. Il y a cependant trois hommes qui m’émerveillent et touchent particulièrement ma sensibilité par leurs œuvres : Chu Te Chun, Emile Claus et Moebius. »

– Est-ce que vous vous retrouvez au sein de la scène artistique actuelle ?
« Je ne me soucis guère de la scène artistique, je fais juste ce qui me plaît et comme disait Fleetwood Mac :

« Go your own way ». »

– Combien de temps vous faut-il pour réaliser une œuvre ? Entre l’idée et la réalisation finale.

« Ça c’est la question à 100 balles, ça intrigue, combien il gagne de l’heure, combien, combien… ça fait bientôt 20ans que je ne me soucis pas du temps qui passe, pas de montre, pas de réveil. Quand je peins il n’y a que l’enthousiasme et le résultat que comptent, du point de vue qualitatif, pas quantitatif, tout ce que je peux dire c’est que je vis dans un temps ralenti par rapport au monde qui s’accélère et qui s’excite. Je suis assez limité dans mes productions, je travaille à mon rythme et fais assez peu de tableaux dans l’année alors que j’œuvre environ 330 jours par ans et ceci entre 5h et 12h par jour. Mes tableaux sont riches de détails, beaucoup de couches se superposent et chaque détail à son importance. »

– Quand est-ce que vous savez que l’œuvre est terminé ?

« Je sais qu’une œuvre est terminée au ressenti, à la satisfaction de ma sensorialité. Cependant, il m’arrive d’aller trop loin, auquel cas l’œuvre « dépassée » nourrira celle qui la recouvrira (en peinture par des touches CTRL + Z, tant qu’un tableau est dans mon atelier, il est susceptible d’évoluer et des éléments graphiques ou pigmentaires peuvent modifier le rendu. Ce qui est le cas du logos que j’ai inclus tardivement dans toute une série de toiles. »

– Quels sont vos hobbies en dehors de votre travail ?

« Découvrir comment le monde fonctionne, apprendre comment les Hommes sont faits. Je suis entré dans le monde des arts par la santé, l’art-thérapie, et c’est toujours resté une passion parallèle. Depuis 20 ans, je fais pas mal de formations diplômantes ou certifiantes concernant ce domaine. La santé, ça s’apprend et il est à regretter que les gens n’en perçoivent le caractère précieux que quand elle est partie. De plus la peinture me laisse tout le loisir de pouvoir écouter des émissions, des conférences, des cours sur la science et sur les disciplines concernant la santé. Ça m’aide même à être plus créatif, quand le cerveau gauche est occupé par la logique, ça compréhension, l’apprentissage, le cerveau droit gagne en liberté et en expression, j’avais appris ceci chezTomatis et j’aime bien ce mode de fonctionnement. »

– Travaillez-vous en écoutant de la musique ? Si oui, quelle musique écoutez-vous en ce moment ?

« Aux beaux jours, en été, je travaille avec portes et fenêtres ouvertes, afin de baigner dans l’environnement sonore de la belle saison. La nuit et quand on arrive aux jours courts, j’écoute sur mon ordi moultes choses. J’alterne tout ce qui m’apprend quelque chose comme vu précédemment avec des chroniques ou des spectacles et des sketchs d’humouristes et de la musique. Mes goûts en la matière sont très éclectiques. Je peux écouter en boucle sur plusieurs heures « le canon de Pachelbel », il efface l‘écoulement du temps. J’apprécie la musique médiévale, baroque, sacrée, classique. Parfois je suis branché tubes des années 60, 70 ou 80. J’aime bien aussi les chanteurs francophones, de Nougaro à Gotainer en passant par Renaud, du tricots Machine aux cowboysFringants. Il y a des périodes c’est du « Two steps from Hell » à Hanszimmer. Je peux aller chercher également le plaisir d’écouter Supertramp, Fleetwood mac, Art of noise ou Pavlov’s dog. »

– Comment avez-vous vécu le confinement de manière artistique ?

« Le confinement c’est bien passé, c’était assez surréaliste avec une atmosphère singulière. N’ayant ni télé, ni radio, ni journaux, je suis resté hors de porté du virus de la peur. Il a fait très beau et j’ai partagé mon temps, exceptionnellement, entre mon potager et mon atelier. Dans ma cabane des arts il fait toujours beau, toujours bon, et la vie y est belle. Quelle tristesse cependant pour tous les enfants et les ados enfermés, séparés, isolés et pour les adultes qui ne semblent pas voir ce qui s’en vient. »

– Qu’est-ce que l’art pour vous ?

« Définir l’art semble devenu ringard. Personnellement, je trouve plus honnête de savoir de quoi on parle. J’adhère toujours à la définition que l’on en avait en art-thérapie : Activité volontaire dirigée vers le plaisir des sens par eux-mêmes, pour eux-mêmes et en eux-mêmes. »

– Quels sont vos projets artistiques futurs ?
« Mes projets artistiques sont nombreux et variés, seul le temps de les inscrire dans la réalisé me manque. »